17.06.2026

Une alliance de la société civile annonce un référendum contre un accord sur l’huile de palme avec la Malaisie

Une alliance d’organisations de défense de l’environnement et des droits humains est prête à lancer un référendum contre l’accord destructeur sur l’huile de palme entre la Suisse et la Malaisie. Le Parlement est appelé à adopter des mesures d’accompagnement efficaces contre la déforestation et le travail forcé.

Le Conseil national examine cet après-midi l’accord de libre-échange avec la Malaisie, qui prévoit des réductions de droits de douane sur 12 500 tonnes d’huile de palme. Il pourrait adopter des mesures d’accompagnement visant à interdire les importations issues de la déforestation de la forêt tropicale et du travail forcé. « Nous demandons au Parlement d’interdire les importations issues du travail forcé et de la déforestation de la forêt tropicale, comme le prévoit déjà la réglementation européenne. La Suisse ne doit pas contribuer à la destruction de cet écosystème unique », affirme Johanna Michel, du Bruno Manser Fonds.

Pour l’Alliance, il ne fait aucun doute que l’accord en question n’apporte aucune amélioration par rapport à l’accord de libre-échange conclu avec l’Indonésie, un traité controversé qui avait été rejeté par 48,6 % des votant·es en mars 2021. Par ailleurs, la Malaisie exporte déjà nettement plus d’huile de palme vers la Suisse que l’Indonésie. En 2025, la Malaisie était le deuxième fournisseur d’huile de palme, avec une part de 25,6 %. Celle-ci continuerait de progresser avec la réduction des droits de douane. L’accord avec la Malaisie constitue donc une menace pour la forêt tropicale et les droits des communautés concernées.

La production d’huile de palme est l’un des principaux facteurs de déforestation dans le monde. En Malaisie, on observe régulièrement des cas de violation des droits humains, de travail forcé et d’expulsions dans les plantations de palmiers à huile. Dans ce contexte, il est urgent de mettre en place des mesures d’accompagnement contre la déforestation et le travail forcé, à l’instar de celles adoptées par l’UE dans le cadre des règlements correspondants. « Si le Parlement approuve l’accord de libre-échange avec la Malaisie sans les mesures d’accompagnement demandées, une large alliance issue de la société civile est prête à lancer un référendum contre cet accord », déclare Manuel Abebe, de Public Eye.

L’Alliance contre la déforestation des forêts tropicales regroupe plus de 15 organisations de la société civile actives dans les domaines de la protection de l’environnement et du climat, des droits humains, de la politique de développement et de l’agriculture.